Le blog d'André Willemijns

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Cancer : la prévention par l'alimentation

  Fevrier 2018

 

La nourriture industrielle à risque

Une étude portant sur 105 000 personnes pendant huit ans pointe du doigt les aliments “ultra-transformés”.

Depuis les années 1980, une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés inondent les rayons de nos supermarchés.

Bonbons, pizza surgelée, sauce ketchup, soda… Depuis les années 1980, les produits de l’industrie agroalimentaire inondent les rayons de nos supermarchés. Une avalanche d’aliments trop salés, trop gras et trop sucrés suspectés aujourd’hui de favoriser le développement des cancers. Dans le Bristish Medical Journal (BMJ), des chercheurs français suggèrent pour la première fois un lien entre la consommation de ces produits ultra-transformés et l’apparition de tumeurs cancéreuses.

Le concept nutritionnel d’”aliment ultra-transformé”, apparu en 2009, désigne les aliments, produits par les industriels, contenant des additifs alimentaires (édulcorants, colorants, conservateurs…). « Ces denrées ont des propriétés qui font le lit du diabète, de l’obésité.

Les habitudes alimentaires de 105 000 volontaires de la cohorte NutriNet-Santé, âgés en moyenne de 42 ans, dont 78 % de femmes. Au cours des huit ans de suivi, plus de 2 200 cas de cancers ont été diagnostiqués, dont 739 cas de cancer du sein et 281 du cancer de la prostate.

Il ressort qu’une augmentation de 10 % de la portion d’aliments ultra-transformés (charcuterie, barres chocolatées, soupes…) dans le régime alimentaire est associée à une hausse de 12 % des risques de développer un cancer, et en particulier un cancer du sein. « Une tendance similaire est observée pour le cancer colorectal. Néanmoins, en raison du faible nombre de cas dans notre cohorte, nos résultats ne sont pas significatifs pour ce cancer », précise Bernard Srour, chercheur au sein de l’Eren.

À l’inverse, les participants qui consomment davantage de produits bruts par rapport aux aliments ultra-transformés ont un risque de cancer réduit de 9 %.

Source : Le Figaro du 16 février 2018

Pour participer à l’étude NutriNet-Santé

Un mode de vie sain pour prévenir le cancer

 

La plupart des cancers peuvent être prévenus tout simplement en adoptant de saines habitudes de vie.

Une analyse récente confirme que les personnes qui respectent les recommandations officielles de prévention du cancer sont beaucoup moins à risque d’être touchées par cette maladie.

On dit souvent qu’il vaut mieux prévenir que guérir et c’est certainement vrai pour des maladies aussi complexes et difficiles à traiter que le cancer. En ce sens, un des développements les plus excitants de la recherche des dernières années est sans doute la démonstration que la plupart des cancers peuvent effectivement être prévenus, tout simplement en adoptant de saines habitudes de vie. Les orga­nismes de lutte contre le cancer, en particulier le World Cancer Research Fund (WCRF), ont résumé les grandes lignes de cette approche préventive sous la forme de huit grandes recommandations (voir ci-dessous).

Recommandations efficaces.

À part l’arrêt du tabagisme, beaucoup de gens ont de la difficulté à accepter que des changements aussi simples des habitudes de vie puissent avoir une telle influence sur le risque de cancer.

Pourtant, l’impact positif de ces recommandations est on ne peut plus réel: par exemple, une analyse récente de 12 importantes études prospectives réalisées au cours des 10 dernières années montre que l’adhésion aux recommandations officielles des agences est associée à une réduction majeure de l’incidence globale de cancer (de 10 à 45 %) et de la mortalité causée par cette maladie (de 14 à 61 %)1. Cet effet protecteur est particulièrement important pour le cancer du sein (19 à 60 %), de l’utérus (23 à 60 %) et du côlon (27 à 52 %).

Les variations en pourcentage sont expliquées par le fait que plus les personnes adhéraient strictement aux recommandations, plus la réduction du risque était importante, confirmant du même coup de façon remarquable l’impact majeur du mode de vie sur la prévention de cette maladie.

Effets métaboliques

Les résultats d’une nouvelle étude clinique réalisée auprès de personnes sédentaires et en surpoids (et donc à plus haut risque de cancer) sont une bonne illustration du potentiel anticancéreux associé à un mode de vie sain2. Des scientifiques du Fred Hutchinson Cancer Research Center de Seattle ont en effet montré que des femmes en surpoids et sédentaires soumises à un régime alimentaire rigoureux (2000 kcal par jour) et à un exercice physique régulier (45 minutes par jour, 5 jours par semaine) sur une période d’une année présentaient une baisse significative des niveaux sanguins de plusieurs protéines procancéreuses (VEGF, PAI-I, PEDF), qui sont associées à un mauvais pronostic de la maladie.

Cette réduction semble principalement liée à une perte de poids chez les participantes à l’étude, ce qui confirme, au niveau moléculaire des marqueurs biochimiques de la maladie, l’importance de maintenir un poids corporel santé (IMC entre 21 et 23) pour réduire le risque de cancer, tel que le recommande le World Cancer Research Fund, à partir de la compilation de 400 000 études.

Nous sommes donc loin d’être aussi démunis qu’on le pense face au cancer et il est possible de combattre activement cette maladie en intégrant le plus possible à notre mode de vie quotidien les recommandations officielles des agences mondiales de lutte contre le cancer.

Source :

  • Kohler LN et coll. Adherence to diet and physical activity cancer prevention guidelines and cancer outcomes: A systematic review. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev, 2016; 25: 1018-28.
  • Duggan C et coll. Dietary weight loss and exercise effects on serum biomarkers of angiogenesis in overweight postmenopausal women: A randomized controlled trial. Cancer Res., publié en ligne le 14 juillet 2016.

LES 8 RÈGLES DE LA PRÉVENTION


  1. Ne pas fumer.
  2. Demeurer mince (un indice de masse corporelle entre 22,5 et 25).
  3. Être actif physiquement au moins 30 minutes par jour.
  4. Réduire la consommation d’aliments très riches en énergie (les boissons gazeuses et la ­malbouffe, par exemple).
  5. Consommer en abondance une grande variété de végétaux (fruits, légumes, légumineuses) et d’aliments à base de grains entiers.
  6. Réduire la consommation de viandes rouges à environ 500 g par semaine et éliminer complètement les charcuteries.
  7. Limiter la consommation ­quotidienne d’alcool à deux verres pour les hommes et un verre pour les femmes.
  8. Ne pas s’exposer inutilement au soleil.